le blog de Lika Spitzer

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Leurs ailes devant eux...

     Les jeunes choristes, en leurs vêtements si rouges, lumineux, tiennent devant eux leur partition ouverte comme autant d'oiseaux alignés, prêts à l'envol... Leurs ailes d'ange au creux des paumes, ils chantent et chantent notre migration à tous vers le paradis.
     Nous pourrons les revoir - je l'espère - ce mercredi 21 septembre à 17 heures, sur Mezzo, dans Le Messie de Haendel.
     Car ce qui nous avait manqué à Florence, dans les peintures du temps de La Renaissance figurant le paradis, c'était, je crois, de n'entendre aucune musique...

Une histoire de mères juives

     Vous la connaissez peut-être, cette histoire de trois mères juives qui se rencontrent ? On vient de me la raconter :
     La première dit : "Aïe, aïe, aïe, aïe.... ! !" La deuxième : "Aïe, aïe, aïe, aïe... ! ! !" Et la troisième : "Aïe, aïe, aïe, aïe... ! ! ! !" Et puis : "Bon. On arrête de parler des enfants."

Un métro climatisé, à Paris !

     Sortie de la bibliothèque François Villon où je trouvais le DVD que je cherchais ("L’œuf du serpent", de Ingmar Bergman), je prends le métro à Colonel Fabien pour Le Père Lachaise où j'avais rendez-vous avec une amie.
     C'était une rame neuve, et surprise, j'ai eu le sentiment qu'il faisait soudain délicieusement frais. A côté de moi, lisait une jeune Asiatique au visage grave. Je lui demande : "Croyez-vous que ce métro soit climatisé ?" Elle me répond que oui. Je lui dis : "C'est la première fois que je prends un métro climatisé !" Pour elle aussi, c'était la première fois.
     On me vante si souvent les métros des autres grandes villes, que je me sentais comme consolée.

Quand Tchekhov se souvient...

     "Ce que les écrivains de la noblesse prenaient à la nature pour rien, écrit-il à Souvorine le 7 janvier 1889, les roturiers l'achètent au prix de leur jeunesse. Essayez donc d'écrire une nouvelle sur un jeune homme, fils de serf, ci-devant boutiquier, chantre d'église, collégien et étudiant, élevé dans le respect des galons, de la main du pope à baiser, dans l'adoration des idées qui ne lui appartiennent pas, jeune homme qui devait remercier pour chaque morceau de pain, souvent fouetté, allant donner des leçons les pieds trempés, qui s'est souvent bagarré, qui tourmentait les bêtes, aimait dîner chez des parents riches, hypocrite vis-à-vis de Dieu et des hommes, sans nécessité, uniquement par conscience d'être une quantité négligeable... Décrivez comment ce jeune homme exprime de lui-même, goutte à goutte, l'esclave et comment, se réveillant un beau matin, il sent que dans ses veines coule non plus un sang d'esclave, mais sang véritable, humain."
      Tchekhov cité par Elsa Triolet dans L'histoire d'Anton Tchekhov Sa vie, son œuvre - volume publié par Les éditeurs français réunis en 1954.

Alexandre Romanès, poète gitan

     Olive m'a envoyé un livre de poèmes intitulé Paroles perdues. J'ai commencé à le lire très tard dans la nuit, sous la petite lampe qui ne réveille pas Philippe. Et comme je venais de coller un post-it sur la page de mon poème préféré, je découvrais deux mots d'Olive, tracés au crayon, presque invisibles : "Mon préféré". Le voici :
     D'où viennent ces gens
     qui veulent tout,
     leurs grandes décisions,
     leurs belles phrases ?
     Moi, je préfère la brindille
     sur le bord du chemin,
     et les tresses impeccables
     des petites filles.
     Bien sûr, j'en aime d'autres, que le crayon presque muet d'Olive a caressés, et puis celui-là, qu'elle a sûrement aimé mais dont elle n'a rien dit, par délicatesse :
     Mes filles poseront peut-être
     la main sur ma pierre tombale.

     La fleur attentive regarde,
     les nuages et les oiseaux passent.

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